La parole est aux speakers : Charlotte Chaumet
Jusqu’au Forum PHP 2026, retrouvez nos interviews de speakers pour mieux comprendre leur parcours et le sujet qu’ils ou elles aborderont lors de leur conférence !
La conférence
10 situations de travail banales qui peuvent devenir un enfer avec un handicap invisibleRéunions, open space, notifications, pauses café, revue de code, incident de production à gérer en urgence, une librairie PHP critique à mettre à jour avant la MEP... Autant de situations considérées comme normales dans le quotidien des équipes tech. Pourtant, pour certaines personnes, elles représentent une charge physique, cognitive ou émotionnelle considérable. Le problème, c'est que ces difficultés ne se voient pas. Et lorsqu'une difficulté est invisible, elle est facilement minimisée. Pourtant, près de 80 % des handicaps sont invisibles, mais le monde du travail continue souvent à considérer que chacun vit les mêmes contraintes, avec les mêmes ressources et les mêmes capacités d'adaptation. À travers 10 situations concrètes du quotidien professionnel, découvrons ce que vivent les personnes concernées, et pourquoi ce qui paraît banal pour les un·e·s peut parfois représenter un véritable défi pour les autres. |
Joan Clarke - HJK 08/10/2026 15:20-16:00 |
Parmi les personnes qui viendront assister au Forum PHP, il y en aura avec un handicap invisible. Quels conseils pourrais-tu donner à tout le monde afin que leur accueil se passe au mieux ?
Un handicap invisible, par définition, ne se voit pas. Il est donc difficile de savoir directement si une personne est concernée, mais aussi de comprendre spontanément les besoins qu'elle peut avoir. Le premier conseil que je donnerais, c'est donc de ne pas présumer, mais plutôt de rester attentif aux personnes et à leurs besoins. Si quelqu'un exprime une difficulté ou demande un aménagement, le plus important est de l'écouter sans jugement, sans remettre sa parole en question et sans partir du principe qu'il exagère.
Plus globalement, il faut accepter que certaines personnes puissent fonctionner différemment de nous. Si quelqu'un a besoin de s'isoler quelques minutes, réagit différemment dans certaines situations ou semble avoir un besoin particulier, il vaut mieux chercher à comprendre plutôt que de tirer des conclusions hâtives. Par exemple, une personne qui semble en retrait n'est pas forcément désintéressée ou peu impliquée : elle peut simplement avoir une manière différente de participer ou de gérer la situation.
Tu accompagnes des entreprises dans leur démarches de sensibilitation et formation autour de la neurodiversité au travail. Y a t-il une pratique ou un changement que tu aurais constaté ayant un fort impact sur la vie au travail de ces personnes ?
On pense souvent que ce qui a le plus d'impact, ce sont les aménagements de poste ou le télétravail. Bien sûr, ces dispositifs peuvent être essentiels, mais je pense que le changement le plus important vient d'abord de la culture de l'entreprise.
Une personne concernée par un handicap doit pouvoir parler de ses besoins sans avoir l'impression de devoir se justifier ou convaincre en permanence. C'est particulièrement vrai pour les handicaps invisibles, où il peut être difficile de faire comprendre une réalité que les autres ne perçoivent pas directement.
Il n'y a rien de plus difficile que de voir ses aménagements remis en question, présentés comme des avantages ou des faveurs (cela m'est déjà arrivé), alors qu'ils sont simplement des moyens de compenser une difficulté liée au handicap
Au vu de ton expérience dans le secteur, penses-tu que le monde de la tech est un milieu qui attire davantage les profils neuro-atypiques ?
Je pense effectivement qu'on retrouve davantage de profils neuroatypiques dans la tech, et beaucoup d'études se sont penchées sur ce sujet.
D'abord parce que certains métiers de la tech mobilisent des compétences qui correspondent souvent aux forces de certaines personnes neuro-atypiques : une forte capacité d'analyse, une pensée logique, une attention aux détails ou encore une expertise très poussée sur des sujets précis. On estime que les personnes autistes ont des compétences numériques 10% supérieures à la moyenne.
Ensuite, les conditions de travail sont souvent plus adaptées. Le télétravail est plus répandu, les échanges passent beaucoup par écrit, et il peut y avoir moins d'interactions sociales qu'au sein d'autres secteurs. Pour certaines personnes, notamment autistes, cela peut rendre le quotidien professionnel plus confortable.
Évidemment, cela ne veut pas dire que tous les profils neuroatypiques travaillent dans la tech, ni que la tech convient à tout le monde. Mais c'est un secteur qui réunit souvent des caractéristiques susceptibles d'attirer davantage ces profils.
Une conférence présentée par
|
Charlotte CHAUMET |
Créatrice de contenu spécialisée dans le TDAH et l’autisme, Charlotte Chaumet sensibilise au quotidien sur les réalités des troubles neurodéveloppementaux à travers ses contenus publiés sur Instagram, TikTok et LinkedIn. Elle partage une approche à la fois documentée, accessible et ancrée dans le vécu, étant elle-même diagnostiquée TDAH et autiste. Autrice du livre « Vous avez un TDAH ? moi aussi ! » paru le 19 mars aux éditions De Boeck Supérieur, elle intervient également en conférence autour des enjeux liés à la neurodivergence, notamment dans les sphères éducatives, professionnelles et sociales. |
Autres interviews
- La parole est aux speakers : Thomas Dutrion
- La parole est aux speakers : Benjamin Eberlei
- La parole est aux speakers : Alexandre Daubois
- La parole est aux speakers : Michaël Benhaïm
- La parole est aux speakers : Sebastian Bergmann
- La parole est aux speakers : Yoann Blot
- La parole est aux speakers : Niels Ackermann
- La parole est aux speakers : Jean-François Lépine