La parole est aux speakers : Florence Cauchy

Publié le

Jusqu’au mois de mai 2026, retrouvez nos interviews de speakers pour mieux comprendre leur parcours et le sujet qu’ils ou elles aborderont lors de leur conférence !

La conférence

L'IA comme binôme de code : Guide pratique

L'IA générative a transformé notre façon de coder, mais entre promesse marketing et réalité, comment en tirer le meilleur parti au quotidien ?

Cette présentation pragmatique vous montrera comment intégrer efficacement les assistants IA (GitHub Copilot, Claude, etc.) dans votre workflow de développement PHP. Nous explorerons les plugins pour PhpStorm et VS Code, les techniques de prompting qui fonctionnent vraiment, et surtout, nous identifierons les cas d'usage où l'IA excelle (boilerplate, tests, refactoring) et ceux où elle reste limitée.

À travers des exemples concrets, vous apprendrez à collaborer avec l'IA sans perdre votre esprit critique, à gagner du temps sur les tâches répétitives tout en gardant le contrôle sur votre code. L'IA comme assistant, pas comme pilote automatique.

E.S.G.I.
22/05/2026
11:15-11:55

Depuis que tu as intégré l’IA dans ton workflow, quelle est la tâche que tu es la plus heureuse de ne plus jamais avoir à faire manuellement ?

Jusqu’à présent, j’utilisais l’IA de loin pour suivre l’évolution de la qualité des réponses et évaluer son utilité dans mon travail. Avec son essor rapide, tant en termes d’usage que de capacités de raisonnement, ainsi que son intégration facilitée dans mon environnement professionnel avec Copilot, j’ai constaté une amélioration significative de sa pertinence et de son efficacité.

J’ai commencé à utiliser réellement l’IA à partir de la fin de l’année 2025. Depuis, j’expérimente différentes approches afin de cibler sur quels sujets l’exploiter au mieux.

Aujourd’hui, elle me sert principalement à générer des tests afin de couvrir plus efficacement ma base de code, une tâche qui me demandait auparavant presque autant de temps que l’écriture du code lui-même. Par ailleurs, j’apprécie de plus en plus l’utiliser pour initier certains sujets pour lesquels j’ai moins d’appétence et me permettre d’étendre l’étendue de mes connaissances.

L’IA nous rend-elle ‘assisté·e·s’ comme un GPS (dixit Micode) ? Faut-il s’en priver volontairement par moments pour garder la main, ou accepter de perdre en expertise pour gagner en rapidité ?

Certaines entreprises mettent en place des comités afin de réfléchir à la place de l’intelligence artificielle au sein de l’organisation et à son utilisation par les équipes. Cela constitue déjà une base pertinente pour définir un cadre d’usage.

Il est également possible d’aborder le sujet selon deux points de vue distincts.

Le premier consiste à considérer l’intelligence artificielle comme un membre à part entière de l’équipe. Dans cette perspective, le code généré est assimilé à celui produit par un·e autre dev. Ainsi, lorsque l’on est amené à le modifier, cela revient à intervenir sur le travail d’un·e collègue, même si l’on est à l’origine de sa génération.

Toutefois, il faut noter que là où l’écriture du code contribuait à approfondir notre connaissance du projet et à faciliter notre capacité à intervenir ou à aider nos collègues, cette compréhension tend aujourd’hui à être partiellement déléguée à l’intelligence artificielle. Cela peut entraîner une perte de maîtrise de la base de code.
Ainsi, là où nous pouvions auparavant apporter une réelle valeur ajoutée, nous risquons, dans cette logique, de devenir plus facilement remplaçables mais aussi de perdre l’implication que nous pouvions porter aux projets.

Le second point de vue implique de repenser sa manière de travailler et de structurer sa réflexion. Plutôt que de développer au fil de l’eau en fonction des besoins exprimés, il devient nécessaire de prendre davantage de recul en amont afin de définir précisément ce que l’on souhaite mettre en place. Cette démarche permet de mieux comprendre le besoin et de formuler des instructions plus précises, favorisant la génération d’un code cohérent avec ses attentes, plutôt que de laisser l’intelligence artificielle produire sans cadrage. Elle permet également de conserver un regard critique, de reprendre la main lorsque nécessaire, voire de suspendre son utilisation si la direction prise ne semble pas pertinente.

On peut établir un parallèle avec la pratique sportive, en considérant cela comme un entraînement du cerveau. Si l’on délègue entièrement l’effort de réflexion à l’intelligence artificielle, on risque progressivement de perdre certains réflexes, mais aussi de devenir moins rigoureux. Cela peut conduire à la production d’un code approximatif, en apparence correct, mais ne couvrant pas l’ensemble des cas attendus ; des éléments qui auraient pu être identifiés avec une réflexion approfondie ou un développement réalisé manuellement.

Enfin, la question de la rapidité mérite d’être posée. Là où il était auparavant normal de consacrer plusieurs jours ou semaines au développement d’une fonctionnalité, cette temporalité tend à être remise en cause. Il existe un risque de voir émerger des attentes irréalistes, avec des contraintes adaptées à l’intelligence artificielle, mais difficilement soutenables pour un·e dev.

Il est donc nécessaire de trouver un juste équilibre afin de ne pas contribuer à une forme d’obsolescence programmée des développeurs et développeuses.

Une conférence présentée par

Florence CAUCHY
Florence CAUCHY
Diplômée en 2009 d’un Master en informatique spécialisé dans les systèmes embarqués, Florence a ensuite orienté sa carrière vers le développement web, où elle met aujourd’hui à profit ses compétences techniques et son goût pour la qualité du code. Développeuse Symfony chez Sézane depuis 2020, une maison de mode engagée et reconnue pour son exigence en matière d’expérience utilisateur et de qualité technique Au croisement entre performance, architecture logicielle et créativité, Florence contribue à la conception et à l’évolution des plateformes e-commerce de la marque, en veillant à la robustesse du code et à la cohérence des outils internes. Passionnée par le développement durable du code et les bonnes pratiques open source, elle aime partager son expérience autour de la collaboration technique, de la qualité logicielle et de la place des femmes dans la tech.

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